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les français ne dépensent pas plus que les autres:
L’affaire est entendue : il faut tailler dans les dépenses publiques car la France est « la championne du monde des dépenses », refrain ressassé à droite comme à gauche. Si l’on rassemble l’ensemble des dépenses publiques du pays, la France est en tête en Europe avec 57,5 % du PIB en 2014, 8,3 points de plus que la moyenne de la zone euro, selon Eurostat. Ce chiffre n’a pas de signification économique. La France occupe le premier rang parce qu’elle a fait le choix de répondre collectivement à une partie des besoins de notre société quand d’autres passent par le privé. Au final, le citoyen ne paie pas plus cher.Rares sont ceux qui cherchent à comprendre d’où vient l’écart entre la France et ses voisins, alors que les données d’Eurostat, libres d’accès, sont riches d’enseignements. Sur nos 8,3 points de différence, plus de la moitié provient de la protection sociale et, dans ce domaine, presque exclusivement des retraites. Pourtant, si l’on prend en compte l’ensemble des régimes, volontaires (comme les fonds de pension) ou non, les retraites ne sont pas plus élevées en France qu’ailleurs. Nous passons par des cotisations sociales alors que nos voisins britanniques ou allemands mettent la main au porte-monnaie. Tout le monde finit par payer.
Le reste de l’écart provient de plusieurs sources. La France dispose d’un service de santé que le monde lui envie encore, rémunère plutôt bien une partie des professionnels du secteur et consomme beaucoup de médicaments : un surcoût de 0,9 point de PIB. La France a connu au milieu des années 1990 un regain démographique que d’autres n’ont pas enregistré, elle a donc davantage d’élèves au secondaire. Elle accueille les enfants gratuitement dès trois ans et a choisi un enseignement diversifié au lycée quand d’autres pays ont beaucoup moins de matières. Résultat, + 0,7 point de PIB. La France soutient le logement et la construction de routes : + 0,7 point de PIB. Elle aide ses entreprises, encore + 0,7 point. Enfin, elle était dans le camp des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale et entretient une force armée importante : + 0,5 point. En revanche, les « services généraux », le coût de l’administration des services publics, coûte 0,3 point de PIB de moins que la moyenne de la zone euro.
Retraite, école, santé… : si l’on prend en compte l’ensemble des coûts, les Français ne dépensent guère plus que les autres. Notre pays a choisi un modèle social qui tient mieux compte des niveaux de vie. Ceux qui veulent tailler dans les dépenses doivent dire aux électeurs que demain, ils devront payer de leur poche ces services aujourd’hui publics. L’écart vient essentiellement des retraites, il faudra donc les diminuer et développer les fonds de pension : les catégories aisées y seront gagnantes si elles acceptent de jouer leurs retraites en bourse, et l’addition sera payée par les couches populaires et moyennes.
L’argent public est rare. Si l’on cherche les économies, il faut se poser la question de l’intérêt général avant celle de la tuyauterie. On peut réduire les dépenses, si on agit au bon endroit. Songez aux 40 milliards par an du pacte de responsabilité (presque l’ensemble du budget de l’Education nationale) dont l’effet est plus que limité sur l’emploi (il revient au minimum à 75 000 euros le poste créé…). Aux niches fiscales sans impact, aux commandes publiques incontrôlées qui nourrissent le secteur privé indûment, à certains professionnels de santé et aux entreprises du médicament qui vivent des largesses de la collectivité, en passant par l’implantation de forces de sécurité là où personne n’en a besoin.
En contrepartie, cela impose de réfléchir aux besoins. Des places de crèches au logement social en passant par les prisons, la justice, la dépendance, l’école ou la sécurité des quartiers, nombreux sont les domaines où une intervention publique est nécessaire et largement reconnue, bien au-delà des clivages politiques. Tous les candidats à la présidentielle commencent à en faire la liste ! Plutôt que de mentir en prétextant que l’on en fait plus que les autres, il faut expliquer là où l’on veut moins d’Etat et là où il en faut davantage. Au final, les économies ne seront pas aussi importantes que cela.
Louis Maurin
Cet article a été publié à l’origine par Le Monde le 27 janvier 2017
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Plus de femmes dans les instances dirigeantes des entreprises, c’est une valeur ajoutée. », « La diversité, c’est bon pour le business. », « Plus d’immigrés, ça améliore la croissance. ». Ces arguments sont de plus en plus fréquents, à gauche comme à droite. Peut-on encore, en France, défendre l’égalité sans conditions, comme un principe fondamental, sans avoir besoin de prouver son « utilité » ? Que se passera-t-il si le coût de l’égalité est prouvé ? Cela justifierait-il les discriminations sexistes, racistes et/ou la fermeture des frontières ?
La survie de l’Etat-providence [1] et des politiques d’égalité semble reposer sur la démonstration que l’égalité est « meilleure pour tous » pour reprendre le titre de l’ouvrage des britanniques Kate Pickett et Richard Wilkinson [2], qui a connu un franc succès dans notre pays. Dans un récent rapport [3], l’OCDE montre par exemple que les politiques de redistribution et d’égalité femmes-hommes sont nécessaires pour augmenter la croissance économique, en particulier parce qu’elles permettent que l’éducation soit un investissement rentable pour tou.te.s et pas seulement pour les plus aisés. De nombreux rapports [4] légitiment ainsi les politiques d’égalité comme un investissement coûtant moins qu’il ne rapporte si l’on tient compte de leur « performance » économique et sociale sur le moyen - long terme.
Il est naïf et/ou cynique de croire que des arguments de justice et d’utilité peuvent cohabiter, sans que les premiers soient conditionnés par les seconds. Dépassons l’attrait de formules telles que le « gagnant-gagnant » ou « la fin justifie les moyens » : il faut assumer qu’une victoire pour certain.e.s est une perte pour d’autres. Il est urgent de dépasser une lecture enchantée où la lutte contre le néolibéralisme justifierait d’avoir recours à la marchandisation de l’égalité. Promouvoir l’égalité entre femmes et hommes [5], la diversité ou l’immigration, comme une démarche économiquement rationnelle et rentable, c’est les mettre sous conditions de la démonstration de leur performance. En demeure de prouver leur « utilité ».
Le risque est alors double. Si la performance de l’égalité est prouvée, le premier risque est d’enfermer les inégaux dans une mise en scène de leur « plus-value ». Loin de remettre en cause leur assignation à une singularité sexuée ou/et racialisée, il les « modernise ». Concrètement : justifier l’inclusion des femmes ou des « non-blancs » au nom de la rentabilité de la mixité, c’est attendre d’elles/d’eux qu’ils soient et demeurent des compléments rentables (le trop fameux « management au féminin » ou « capital féminin ») et non des égaux. Le second risque est que l’égalité de principe devienne une option sous conditions de performance. Les recherches sur les rapports entre mixité et performance [6] montrent que leur lien de causalité est discuté et discutable. Dans cette logique, s’il est prouvé que les inégalités sont performantes, les politiques discriminatoires et d’exclusion sont légitimées. S’il est démontré que la sortie des femmes de l’emploi et la préférence nationale pourraient contribuer à résorber le chômage, que ferons-nous ?
En procédant à ce type d’argumentation, nous acceptons implicitement d’indexer les choix politiques à des variables économiques. La brèche est ouverte au questionnement sur la « rentabilité » des dépenses publiques de solidarité et de redistribution, en particulier dans le domaine de la santé et de l’éducation. Est-on sûr que les bourses sur critère social « rapportent » plus qu’elles ne coûtent ? Que la gratuité de l’école soit un « plus » pour la croissance ? Qu’il soit économiquement fondé d’héberger des SDF l’hiver ?
Les débats sur les coûts ou les bénéfices liés à l’immigration [7] constituent une bonne illustration de cette évolution idéologique. Le lien entre performance et mixité, et celui entre performance et immigration participent d’une même logique de soumission du politique à l’économique. Quand arrêtera-t-on de justifier les entrées de migrants par leur « apport » à l’économie ou inversement de les refuser du fait de leur coût pour le pays, pour l’Europe ?
La tentation est forte de défendre l’égalité comme une valeur dans laquelle on investit, sans prendre conscience qu’elle est ainsi sacrifiée, en tant que principe de justice, à la valorisation et à la performance de la différence. Finalement, tout se passe aujourd’hui comme si les tenant.e.s de l’égalité abandonnaient la bataille idéologique pour s’en remettre aux thèses néolibérales qu’ils contestent. Pour que l’égalité retrouve un sens et une épaisseur politiques, il faut dénoncer cette ruse de la raison néolibérale, qui consiste à la paralyser, voire à l’empoisonner, en l’exaltant à son profit.
Afin de ne pas être contraint.e de participer à un arbitrage cynique entre les inégalités coûteuses et les inégalités rentables, les politiques d’égalité « performantes » et celles qui ne le sont pas, il faut politiser le principe d’égalité en le libérant de son conditionnement à la performance. C’est accepter de passer par la porte étroite d’un principe de justice d’égalité qui n’a jamais été appliqué pour celles et ceux qui ne font pas partie de la « fraternité républicaine » : les femmes et les « non-blancs ». C’est remettre en cause un mouvement historique et théorique qui les a exclu.e.s au nom de leur prétendue « moins-value » naturelle et qui les inclut aujourd’hui au nom de leur prétendue « plus-value » culturelle, sociale et économique et non en tant que pair.
Pour cela, proclamons « l’égalité est morte, vive l’égalité ! » pour dire la nécessité de faire le diagnostic de l’incompatibilité entre l’application du principe républicain d’égalité et sa justification par son efficacité, qu’elle soit politique, sociale et/ou économique. Loin d’être accessoire, cette justification participe d’un processus de soumission du principe d’égalité aux « valeurs du marché » [8] à travers une sorte de modernisation du mythe de la complémentarité sexuée et raciale.
Réjane Sénac, chargée de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po - CEVIPOF. Auteure de « L’égalité sous conditions. Genre, parité, diversité », Paris, Presses de Sciences Po, 2015.
Chapitre 3. Paris, place Blanche, où Étienne se frotte à la pègre, aux sex shops et découvre les danseuses du Moulin Rouge.
A son arrivée en France, Étienne n'est pas submergé par l'enthousiasme. Son premier sas de décompression est la ville de Reims, où il part habiter avec sa tante Francine et son époux. A l'école primaire, l'accueil est plutôt frais. Ce gamin sans parents, à la peau mate, c'est bizarre. Dans la cour de récré, les torgnoles ont tendance à voler à basse altitude…Quelques mois plus tard, nouveau départ : l'oncle est muté à Rennes. La première chose qu'Étienne remarque, ce sont les trottoirs recouverts de graviers poussiéreux. “Ça faisait comme des trottoirs pas finis”, m'explique-t-il. Et il me raconte. Tout est gris, le ciel, les murs, les habits. Une ville où on a éteint la lumière du soleil et où on marche le nez en bas à cause de la pluie. Heureusement, il y a la télé ! Étienne découvre Rocambole et Zorro. Et, surtout, Age tendre et tête de bois. Pour la première fois, le petit twisteur du juke-box du cap Falcon voit Françoise, Johnny et Sylvie pour de vrai, pas figés sur une pochette de disques. C'est la révélation.
Sur le front familial, les choses bougent un peu. Sa mère et sa soeur Fanfan sont toujours bloquées en Algérie, mais ses grands-parents et ses tantes, Rosine et Sonia, ont réussi à s'installer à Paris. Ils vivent tous ensemble, dans le même immeuble, au 78 boulevard de Clichy, place Blanche. Les grands-parents habitent au premier, les tantes au neuvième. Le clan se reconstitue partiellement.
La magie des strip-teases
Étienne vient les voir tous les mois. Un sacré boulevard que le Clichy ! Très vite, une gapette vissée sur la tête, il circule dans tout le quartier avec la dégaine d'un Jean-Pierre Léaud dans Les Quatre Cents Coups de Truffaut. Les escaliers de Montmartre, le titanesque Gaumont Palace - “le plus grand cinéma de l'univers” -, l'Elysée Montmartre et ses catcheurs, et tous ces clubs aux noms exotiques, le Narcisse, l'Ève de Paris, le Sphinx… La fontaine de Pigalle devient sa fontaine de Trevi.
“On ne comprenait rien, mais on se bidonnait en regardant les images très, très suggestives”, s'amuse encore aujourd'hui Étienne. “On ne comprenait rien, mais on se bidonnait en regardant les images très, très suggestives”, s'amuse encore aujourd'hui Étienne.
Juste à côté de leur immeuble, au numéro 80, c'est le Colorado, le seul cinéma d'horreur et épouvante de France. La porte d'entrée est saisissante : une façade de fête foraine avec chauve-souris, toiles d'araignée, manoirs hantés sur fond de clair de lune, croix de cimetière et main griffue. Le tout en carton peint. Et dans le hall, un vrai cercueil en bois. A eux seuls, les titres des films sont une invitation au cauchemar : La Tarentule au ventre noir, Le Mannequin défiguré… Un délice.Sur le même trottoir, il y a un strip-tease très intrigant. Le petit garçon adore les photos de ces femmes en dentelles et tout en cuisses, tellement sublimes et innocentes avec leur mignonne tête de poupée maquillée. A l'intérieur, tout semble doux et chaud. Régulièrement, Étienne se faufile entre les jambes des messieurs qui font la retape devant l'entrée et ses tantes sont obligées d'aller le récupérer au fin fond de la caverne magique.
Mais la vraie marrade, ce sont les devantures des sex-shops. Dans les années 1960, les boutiques sont ouvertes sur la rue, aussi béantes que les magasins de souvenirs de la butte Montmartre. Pas de vitrines et les étalages sur le trottoir. Juste à la hauteur du nez d'Étienne et de Fanfan, qui lisent avec application les étiquettes explicatives des fioles disposées en rang d'oignons. “On ne comprenait rien, mais on se bidonnait en regardant les images très, très suggestives”, s'amuse encore aujourd'hui Étienne.
Truands et proxos font partie du décor
Avec Georges Santamaria, un ami du cap Falcon, la grand-mère Jeanne et ses deux filles ont monté une brasserie, en plein sur la place Blanche : le French Cancan ! Ouvert 24 heures sur 24. Sonia fait la nuit, Rosine le jour et grand-mère Jeanne tient la caisse.Le French est situé en face de la Locomotive, le nouveau temple des yéyés. La brasserie devient le point de chute obligé de tous les artistes qui y sont programmés : Chuck Berry, Vince Taylor, les Beatles, les Kinks. Etienne fait la course aux autographes.
Parmi les habitués du French, il y a également les danseuses du Moulin Rouge, qui entrent en riant par fournées. Des “Divines” qu'Étienne a l'honneur de pouvoir tutoyer, une fois qu'elles sont descendues de leur Olympe ruisselant de lumières. Un moment d'exception réservé aux intimes qui ont le privilège de les voir de près, dépouillées de leurs plumes, strass et bas résille. Elles ont les traits tirés et les mollets musclés, mais restent, à jamais, imprégnées des magnificences du music-hall.
Evidemment, les gangsters font aussi partie du décor. Ce sont des truands, des proxos, des racketeurs et des escrocs, mais dans les yeux du petit garçon, ce sont avant tout les nababs du quartier, des caïds, les messieurs du Milieu. Détachés et sûrs d'eux, parfumés jusqu'à l'évanouissement, ils lancent des ronds de fumée vers le plafond et portent le costard comme Humphrey Bogart. Dans leur monde, tout est une question de style et quand ils se flinguent entre eux, c'est avec classe. Comme dans les polars de série noire des années 1950. En plus, ils ont des accents familiers : pied-noir, arabe, séfarade, corse, marseillais. Étienne est en terrain connu.
Tous idolâtrent la grand-mère, “la Jeanne”, et aucun ne manque jamais de respect à ses filles. Une nuit, des voyous de seconde zone ont voulu chercher les embrouilles. La Jeanne a attrapé une chaise, s'est assise au milieu du French et s'est adressée à chacun : “Moi vivante, tu ne rentres pas ici. Et je vais aller raconter partout que tu t'es attaqué à une vieille femme sans défense.” Tout le monde s'est calmé avec un faux sourire bravache.
Place Clichy, ça sent la frite et la barbe à papa
La place Blanche de l'enfance d'Étienne, c'est tout un monde baroque, transgressif, excessif, interlope, burlesque. Un vrai théâtre où chacun tient son personnage et son public. Parmi les as du spectacle, il faut compter les travestis de Chez Graff, la brasserie chère à Genet. Emphase du geste, nonchalance appuyée, pépés à la bouche boudeuse… “Personne ne trouvait bizarre qu'une femme de 1,80 mètre ait une barbe rasante et des escarpins taille 45”, explique Fanfan. Dans cet entre-soi, on connaît ses civilités. Le matin, on salue les artistes de Chez Madame Arthur qui font leurs courses avec leur panier à provisions et, au coin d'une rue, on sourit à Dalida (la vraie). Les dames qui font le trottoir sont vos copines. Marinette, par exemple, tapine tous les jours à l'entrée du Monoprix avec son sac et sa cigarette. Une femme qui a du vécu avec ses faux cils et ses cheveux clairsemés. Elle ne manque jamais de dire un petit mot à Étienne quand il file au rayon vinyles du grand magasin pour aller choisir les futurs 45-tours 4 titres du juke-box du French Cancan.Quand la fête foraine envahit l'allée centrale du boulevard de Clichy, c'est l'exultation. Ça sent la frite et la barbe à papa. “Approchez-Mesdames-et-Messieurs”, l'ambiance est assurée par les forains qui, au microphone et avec une voix caverneuse, font la pub de leurs stands de tirs et de leurs autos tamponneuses…
Ce n'est pas donné à tous les gamins de traverser de tels univers. Étienne en gardera une liberté d'esprit en acier inoxydable. Plus tard, quand il sera lui-même vedette, il habitera à deux pas de la place Blanche, sur la butte Montmartre. Et aura le bon goût de s'installer dans la baraque en forme de chalet suisse qui a servi d'écurie à Buffalo Bill et à ses Peaux-Rouges, lors de la tournée européenne du Wild West Show, en 1905.
Sur la pochette de son album Pour nos vies martiennes réalisée en 1988 par Guy Peellaert, Etienne marche, un peu perdu, au milieu des baraques d'une fête foraine.



The Arrival of the President of France and Mrs. Macron to the State Dinner
E.Macron, Trump’s best friend!!!!!
La France sera un des six pays européens à accueillir des migrants qui se trouvent sur le navire humanitaire Lifeline, bloqué au large de Malte, a annoncé, mardi 26 juin, le président français, Emmanuel Macron, dans la foulée des gouvernements italien et portuguais, qui s’y sont eux aussi engagés plus tôt dans la journée.
Mais le chef de l’Etat a également formulé des critiques à l’encontre de l’ONG allemande.
Le navire pourra accoster à Malte
Le navire humanitaire, qui attendait depuis une semaine un port pour l’accueillir, pourra, finalement, accoster à Malte, a annoncé le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte. « Je viens d’avoir le premier ministre [maltais] Muscat au téléphone : le navire de l’ONG Lifeline accostera à Malte », a-t-il déclaré à la mi-journée, sans préciser quand le navire serait autorisé à accoster.
Le gouvernement maltais a, pour sa part, annoncé que si le Lifeline entrait à Malte, il enquêterait et prendrait des mesures contre le navire « qui a ignoré les instructions données conformément aux règles internationales par les autorités italiennes ». Epousant la ligne dure représentée par son ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite), M. Conte a lui aussi annoncé que le Lifeline serait « soumis à une enquête pour s’assurer de sa nationalité et du respect des règles du droit international de la part de son équipage ».
Le Lifeline est un navire d’une trentaine de mètres de long de l’ONG allemande du même nom mais il bat pavillon néerlandais. A bord, les migrants enduraient mardi la chaleur et des conditions sanitaires qui n’ont cessé de se dégraderdepuis qu’ils ont été recueillis mercredi. « Il n’y a pas de toilette chimique,[seulement] trois petits W.-C. en mauvais état que tout le monde utilise, décrit le quotidien italien La Repubblica. Le commandant du navire a ouvert ses toilettes mais seulement pour les 44 femmes et les enfants et il faut faire une longue queue. »
France, Italie et Portugal prêts à accueillir des migrants
La France sera l’un des six pays européens à accueillir les migrants du navire humanitaire, a annoncé Emmanuel Macron en fin de journée. Il s’agira de « quelques dizaines d’individus par pays » d’accueil, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse, à l’issue de sa visite au pape François.
Avant lui, le gouvernement portugais s’était dit prêt à accueillir une partie des migrants qui se trouvent à bord du Lifeline. Le ministre de l’intérieur, Eduardo Cabrita, a déclaré que le nombre de personnes que son pays pourrait accueillir restait « à définir ». Alors que l’Union européenne est dans l’impasse pour réformer son système commun d’asile, le Portugal a plusieurs fois affiché son ouverture à l’accueil de migrants et de réfugiés.
« De manière cohérente avec le principe clé de notre proposition sur l’immigration selon laquelle qui débarque sur les côtes italiennes, espagnoles, grecques ou maltaises débarque en Europe, l’Italie fera sa part et accueillera une partie des migrants qui sont à bord du Lifeline », a indiqué de son côté le chef du gouvernement italien.
Lire aussi : Sommet sur les migrants à Bruxelles : des dirigeants européens « satisfaits » mais sans conclusion commun
Pour Macron, l’ONG « a agi contre toutes les règles »
Emmanuel Macron a adressé de vives critiques à l’ONG allemande Lifeline, lui reprochant de « faire le jeu des passeurs ». Pour lui, l’ONG « a coupé le signal et elle est intervenue en contravention de toutes les règles et des garde-côtes libyens » ; elle « fait le jeu des passeurs », un reproche selon lui « indicible dans l’émotion collective ».
Le président français rejoint ainsi certaines des critiques du gouvernement italien sur le rôle des ONG en Méditerranée. Et de poursuivre :
Il a aussi rappelé que l’Europe veut « renforcer sa coopération avec les garde-côtes » libyens pour « limiter les mouvements » de migrants car, selon lui, « la capacité à fermer cette route est la plus efficace et aussi la plus humaine ».
Malte refuse l’Aquarius
Petite île méditerranéenne d’à peine plus de 400 000 habitants, Malte a, en revanche, refusé d’ouvrir ses ports au navire humanitaire Aquarius, pourtant sans migrant à son bord, selon l’ONG SOS Méditerranée. L’Aquarius a donc mis le cap sur Marseille pour une escale technique qu’il doit effectuer dans les prochains jours.
Et voilà ! le Président bique et bouc a encore sévi dans le “en même temps”
mi-Pape François et mi Salvini en même temps. Le mot Français serait-il devenu synonyme de duplicité?

